Malraux - L'espoir (film)

                       

       

                       Malraux est un auteur et cinéaste français du XXème siècle. Cet écrivain a été très engagé dans les luttes contre l’oppression. En effet, il s'oppose à la colonisation au Vietnam en 1923, créant le journal L’Indochine qui sera par la suite interdit par les autorités Françaises. Il s’engage ensuite contre le fascisme par le biais des Brigades internationales, en 1933 et commande en 1936 une escadrille républicaine lors de la guerre civile. Après avoir été fait prisonnier en 1940, il s’engagera enfin dans la Résistance, sous le pseudonyme de «Michel Berger». Il n’a réalisé qu’un seul, film, Espoir,:l’adaptation de son œuvre littéraire du même nom. Néanmoins, il a beaucoup réfléchi aux relations entre le cinéma et la littérature.

 

« Le cinéma se nourrit de littérature,

et la littérature se nourrit de tout, notamment de cinéma. »

                                                                                     MARTIN PAGE

 

Malraux est aussi un des rares écrivains à avoir pu participer et même réaliser l’adaptation de son œuvre.

Après avoir écrit son livre en 1937, Malraux souhaite faire un film de propagande pour obtenir des fonds de la part des démocraties pour la République Espagnole. Il a donc pour but toucher un large public et ainsi créer un mouvement dans l’opinion publique.

Durant ce film, on suit les péripéties d’un groupe de combattants républicains qui ont l’intention de freiner les troupes nationalistes dans leur avancée. Ils décident alors de bombarder un pont sur la route de Saragosse avec la collaboration de paysans. Ils essaient de garder l’espoir malgré les bombardements et l’opposition du pouvoir ennemi.

Le grand public n'a pu voir ce film qu'après 1945 même s'il a été montré clandestinement à partir de 1937. Espoir est une des premières tentatives de cinéma-vérité en France. En effet, Malraux voulait faire autre chose qu’un discours moralisateur, et voulait montrer la réalité au peuple. Il décrit la Guerre civile comme l’élément déclencheur des passions vécues à travers une communauté et non par des individus isolés.

Le but de Malraux en faisant ce film était de ressembler le plus possibles aux actualités de l’époque. En effet, ce film mêle des actions fictives et des images réelles, ce qui renforce l’effet produit. Est ainsi créé un film qui se rapproche le plus possible du réel pour toucher le plus de monde possible, sans toutefois être un documentaire. De plus, la distribution d’Espoir qui est confiée à de parfaits inconnus renforce l’aspect d’authenticité du film, et fait ressortir les sentiments qui sont d’autant plus vrai que les acteurs eux-mêmes l’ont vécu. Il est aujourd’hui considéré comme un document historique d’une grande valeur. En effet, c’est l’un des rares films réalisés à cette époque qui nous montre la réalité, une réalité qui n’est pas idéologique comme on peut trouver dans « Escuadrilla » par exemple, film de Roman Antonio sortit en 1941.

 

Nous allons à présent étudier un extrait de ce film.

 

21 minutes 50 à 24 minutes 15

 

                Durant cet extrait, nous voyons des Républicains qui se préparent à faire face aux troupes de Franco. On constate très clairement que les Républicains étaient composés de personnes de différents partis politique, et avec des idéologies différentes.

En effet, au début de l’extrait, on voit un homme, ancien mineur, probablement mineur des Asturies, parmi les premiers à se rebeller, prendre l’avion. A l’intérieur du bâtiment, on trouve des socialistes, qui sont donc présent par idéologie, mais d’autres sont là juste pour ne pas être du côté des franquistes, en effet, l'un d'eux dit « je suis là parce que j’en avais marre ». Cet homme est l’exemple même de la division de parti, car si les Républicains combattent ensembles, ils n’ont pas du tout les mêmes idéologies. En effet, contrairement aux nationalistes qui eux ont une idéologie, ou tout du moins un but commun les républicains, ne sont réunis uniquement pour s’opposer au pouvoir franquiste. Ce n'est donc pas un choix mais une nécessité qui ne les ravie nullement pour la plupart.

A un moment, le joueur d’harmonica parle à l’homme debout, on trouve alors ici une sorte de mépris, en effet il se couche lorsqu'il lui adresse la parole et continu à jouer de l’harmonica alors que les autres discutent. Pourtant, ces deux hommes sont du même camp politique, il ne devrait pas y avoir de tensions entre les hommes.

Cet extrait fait donc ressortit l’absence d’unité du camp républicain qui jouera bien entendu en faveur du camp nationaliste.